Appréhender l’Europe à travers le prisme des relations entre arts et sciences

Rencontre du 8 juillet 2018, ISTS, Avignon

Intervention Laurence Barone, Relais Culture Europe

« Je vais repartir de ce qui s’est dit dans la cour pendant le débat public et je suis repartie de ce qui était à la fois le thème ici et celui de la relation arts sciences, d’une culture commune ainsi que du nouveau cadre que cela m’a posé par rapport à tout ce qui a été débattu et échangé.

Le premier c’est peut-être de se dire qu’en Europe aujourd’hui finalement, peut-être plutôt que de rester dans « art sciences », qu’est ce que cela m’évoquait qui faisait que cette question était représentative de questions européennes plus larges ?

Mon point d’entrée, et c’est l’un des intervenant qui en a parlé, c’est un peu une situation d’urgence, et ce qui me semblait interessant c’est de repartir de ce point là et la question principale serait :

aujourd’hui comment a-ton besoin de trouver des points d’entrées dans les urgences du monde ? Cette question ouvre plusieurs sujets :

Tout d’abrod cela ouvre la question de l’interraction. Qu’est ce qui fait qu’aujourd’hui les questions d’interractions, d’interconnexions, d’interedisciplinarité et du trans, sont déterminantes et doivent être travaillées dans une société ?

Pourquoi a-ton besoin aujourd’hui face a cette complexité, non pas d’avoir des silos ou des points d’experts mais plutôt d’avoir un ensemble de personnes venant de milieu différents, de discipines différentes qui vont questionner des problématiques communes ?

Qu’est ce que ça veut dire par exemple qu’on soit au courant qu’il y ait des gens qui meurent en mediterranée et qu’il y a le rechauffement climatique mais que rien ne se passe ? Qu’est ce que ça veut dire dans ce cas là aujourd’hui, créer des conditions sociales qui font qu’à un moment donné il y a quelquechose qui se passe ?

A travers cela, il y a une question sur les formes artistiques et culturelles. En quoi ces relations permettent de créer de nouvelles formes sociales et politiques ? Mais il y a des questions plus larges de comment on crée du lien, on retravaille les questions de quelles sont les formes démocratiques nouvelles ? Ce sont tout autant de nouvelles formes que lorsque l’on dit que l’on fait émerger de nouvelles formes artistiques et culturelles.

Dans ces interractions là c’est représentatif de comment on produit le savoir aujourd’hui. Est ce que c’est toujours de l’expertise ou est ce que c’est quelquechose plus ouvert aussi, iccompris avec des citoyens.

L’idée c’est de dire que dans une Europe où on bataille sur des points d’urgences, on est entre ouverture et fermeture. Dans des sociétés où on a un libéralisme très fort qui a détruit aussi toute forme de « comment on travaille pour faire et penser ensemble ? » et « comment on fabrique collectivement les choses ?» et où on a des tensions sur conservatisme et création, qu’est ce que toutes ces questions ouvrent sur cette relation entre arts et sciences ?

Qu’est ce que cela ouvre plus largement que sur arts sciences comme déplacements de pratiques qui sont finalement des déplacements de pratiques culturelles ou artistiques plus larges ?

Si on prend des questions de savoir aujourd’hui, par exemple la recherche. Est-ce qu’on est pas tous aujourd’hui, à un moment donnée, praticien-chercheur ? Est ce que tout acteur culturel aujourd’hui n’est pas dans une démarche recherche et pratique ?

Sur des questions de savoir ce que c’est de créer des récits alternatifs, de la speculation, des regards croisés, d’autres manières d’agir sur la transmission, on peut l’imaginer là aussi beaucoup plus largement.

Dernier point, j’entend qu’il ne faut pas de réseau trop structuré, mais à un moment donné la resistance doit s’organiser un petit peu. Si on doit le faire aujjourd’hui pas que au niveau national et là on va entrendre différentes situations, notamment la situation polonaise représentative d’endroits dans l’Europe où la démocratie flanche mais tout autant que la montée du populisme chez nous. Qu’est ce que ça veut dire aujourd’hui faire réseau, faire coopération de ces enjeux et sous quelles formes ? En quoi cela crée les conditions non pas que chez nous mais en Europe qu’un ensemble de personnes aujourd’hui s’organisent pour défendre un certain rapport à la liberté, un certain rapport à la création et un certain rapport à comment on produit aussi une société un peu différente et un peu nouvelle. Une alternative à cette fermeture. »

Intervention Serge Rangoni, Théâtre de Liège

« D’abord peut-etre deux mots pour dire que nous sommes situés à Liège qui est une ville située dans la partie francophone de la Belgique pas très loin de la Hollande (25 km), pas très loin de l’Allemagne (35km) et proche du Luxembourg.

Cela nous donne donc bien-sûre une situation géographique particulière même si le pays étant petit nous avons quand même des liens avec Bruxelles. Je pense qu’il y a petit à petit une prise de conscience de porter nos regards de l’autre côté plutôt que vers le centre du pays. »

Environnement :

« Il y a depuis quelques années, et vous savez que c’est une des régions pauvres en Europe, en tout cas avec des poches de pauvreté, tout un plan de redressement notamment sur les industries créatives et le digital. Il y a une volonté de dépasser la crise économique.

Nous avons un théâtre et faisons principalement du théâtre et de la danse et avons un nouveau bâtiment depuis 5 ans au centre ville.

A un moment, je me suis dit qu’il y avait beaucoup d’artistes qui utilisent les nouvelles technologies et je vois qu’il y a des choses intéréssantes et un public pour ça. Je reste convaincu que nos théâtres sont trop conventionnels et que l’on doit dépasser cela.

Comment peut-on travailler et participer au développement économique de la ville et de la région ?

Vous connaissez tous le travail fait avec des pôles académiques, avec des startsup et je me dis que la culture ne peut pas rester en dehors de cela.

Jonathan Thonon est donc arrivé pour m’aider sur cette question.

Nous avons travaillé sur un plan euro-régional : INTERREG.

Nous avons essayé de féderer des acteurs interessés, au départ dans notre domaine mais aussi dans d’autres domaines. Dans des domaines qui sont probablement plus poreux à l’innovation comme la musique. Le projet interreg est en route depuis 3 ans. »

Les activités :

IMPACT : festival au mois de novembre dans lequel il y a des conférences et des spectacles.

« On a fait un appel à projet pour essayer de développer des projets avec les forces universitaires

avec des artistes comme Gwendoline Robin que vous connaissez peut-etre.

A mon avis ce qui est encore plus interessant c’est notre rapprochement avec les entreprises. Quand vous allez parler à des entreprises, ils ont autant de questionnements que nous. Ils ont aussi des problèmes de conscience, de reflexion…etc

Nous avons des projets notamment autour de l’espace public avec les ingénieurs de SAFRAN. Il y a 10 ingénieurs autour de ce projet.

Par ailleurs, pour conclure, il est extremement important de travailler sur ces questions car pour moi arts et technologies permet d’ouvrir sur d’autres types de publics et sur les questions de diversité culturelle. »

Intervention de Michal Krawczak et Agnieska Jelewska ; HAT Center

Traduction française plus bas

Agnieska :

« Thank you for inviting us, I think it’s really important we can share with you. Maybe a few words about what we do, our research and experience.

HAT centre, is an institutal theatre and media arts from Adamovich University in Poland.

We are reseachers, curators, practitionners and we are really carefull about how we educate our students in this theater of arts and sciences and also new philosophy and new humanities.

That’s why 6 years ago we established our first course called « interactive media and performances », it’s combining performance, media and new media artists. It’s really important for us and we believe it can really work.

It’s a really good ecosystem for new projects, new collaborations between students because students of Michal course are from very different disciplines : from sciences, from physics, mollecular biologists, accoustics, from arts and humanities.

It was not easy to establish that at the university as our director told us it was impossible to join humanities, sciences and technologies but we said it is possible. »

Michal :

« I’m director of the laboratory for experemental media in our departement and this is a place well equiped for interractions (VR gear, computers, interractive interfaces, controlers and so on..) This is a place where new ideas can be developped. »

Michal :

« I must add, we are an institut but our institut is part of a department and our department is called « Polish and classical philology » so you understand why it wasn’t easy to convince our department.

And as scientists and researchers, we are a bribe for grants to cooperate with people from Europe mainly, we are now leading two grants in that laboratory of new society, and I think it’s important for our topic because we build a network with ZKM (Center for art and media). Peter Weibel was one of the founders of ars electronica in Austria and used to be a Vienna actionism, so he has a radical thinking.

We build a second network, Planetary Collegium which is also a network of PHD students in Europe and it’s really combining art and science and it’s run by professor Roy Ascott.

The third place is run by Jill Scott (https://www.jillscott.org/). She founded the project called artist in labs, the first in europe.

During this research and running this grant we found different concepts of how artists and scientists can collaborate and what are the purpose for this collaboration. »

Michal :

« What is also important is that we are trying to be practitionners in the field of art and science sometimes, which is not easy in Poland.

In 2015, we have created a collective called Daed Baitz, there is an architect, a composer, a media artist, an expert of IA…

It’s also a concept of experiment, on how to deal with an algorythm of IA within this group because she (the expert of IA) has a specific role, and how to deal with it later. »

Agnieska :

« I think we can talk a little bit about these models.

The first one is maybe the most important and is what Laurence said about combining art and science. Peter Weibel is inviting the tops scientists (german, french…) philosophers and many others, and he is understanding that combining arts and sciences is for public education but why ? Because what he said is that it’s important to build a new society in the moment of the crisis of democracy.

As you could see from this 3 levels (researchers, curators, academic educators) this is the most important on how you use technology and meet with science to have impact for young people to make them understand this complexe world. »

Traduction Française :

Agnieska :

Tout d’abord merci de nous avoir invité. Je pense qu’il est très important de pouvoir échanger avec vous. Peut-être pouvons-nous commencer par vous dire quelques mots sur ce que nous faisons, nos recherches et notre parcours.

Le HAT Center est une institution de théâtre, des arts et media de l’Université Adamovich en Pologne.

Nous sommes des chercheurs, conservateurs  et praticiens et nous portons beaucoup d’attention sur la manière dont nous éduquons nos étudiants dans ce théâtre des arts, des sciences mais aussi la philosophie et les sciences humaines.

Il y a 6 ans nous avons créé notre premier enseignement intitullé « Interactive media and performances ». Ce cours allie des artistes du spectacle vivant, des media et nouveaux media. C’est très important pour nous et nous pensons que cela peut vraiment fonctionner.

C’est un ecosystème très efficace pour échanger sur de nouveaux projets et faire émerger de nouvelles collaborations entre les étudiants parce que les étudiants de cette matière qu’enseigne Michal sont d’univers et de disciplines très différentes : des sciences, de la physique, de la biologie molléculaire ou encore l’accoustique mais aussi les arts et sciences humaines.

Ce n’était pas facile de mettre en place cela à l’Université car notre directeur nous a dit que c’était impossible de rassembler les sciences humaines, les sciences et les technologies mais nous lui avons prouvé le contraire.

Michal :

Je suis directeur du laboratoire pour l’experimentation des medias dans ce departement et ce laboratoire est très bien équipé pour interragir (des lunettes de realités virtuelles, des ordinateurs, des interfaces interractives….etc). C’est vraiment un endroit où de nouvelles idées peuvent être developpées.

Agnieszka :

Je dois aussi ajouter que nous sommes une institution et une institution qui fait partie d’un département universitaire, ce département se nomme le département de philologie polanaise et classique….. donc vous comprenez maintenant pourquoi il était si difficile de convaincre le département.

En tant que scientifiques et chercheurs nous sommes un bon pretexte pour créer des bourses pour pouvoir collaborer avec d’autres personnes en Europe. A ce jour, nous coordonnons 2 bourses au laboratoire des nouvelles sociétés je pense qu’il est important pour notre sujet de parler de cela car nous avons construit un réseau avec le ZKM (Center for arts and media). Peter Weible, le directeur, a été l’un des fondateurs de Ars Electronica en Autriche et était actif dans le mouvement de Vienne, il a donc une pensée assez radicale.

Le second réseau est Planetary Collegium qui est aussi un réseau d’étudiants agrégés en Europe, allie vraiment les arts et les sciences et est dirigé par le professeur Roy Ascott.

Et le troisième lieu est dirigé par Jill Scott ((https://www.jillscott.org/). Elle a mis en place le projet « artists in labs », premier projet européen du genre.

Pendant nos recherches et la coordination de ces bourses nous avons constaté qu’il existait différents concepts/ modèles de la manière donc artistes et scientifiques peuvent collaborer et de la raison d’un tel échange.

Michal :

Ce qui est important c’est que nous essayons aussi de pratiquer dans le champ des arts et des sciences mais ce n’est pas facile en Pologne.

En 2015, nous avons créé un collectif qui s’appelle Daed Baitz . Il y a un architecte, un compositeur, un artiste qui utilise les medias, une experte en intelligence artificielle….etc

C’est aussi un concept pour l’experiementation, par exemple, comment gérer un algorythme d’intelligence artificielle à l’interieur de ce groupe étant donnée que nous avons une experte qui a un rôle spécifique et comment gérer l’IA plus tard.

Agnieszka :

Je pense que nous pouvons parler pour conclure des modeles que nous avons évoqué plus tôt.

Le premier est peut-etre le plus important et c’est ce dont Laurence nous a parlé sur le fait allier arts, sciences. Peter Weible invite des scientifiques de renom (allemand, français…) et des philosophes parmis tant d’autres. Il a compris que faire interragir les arts et les sciences sert l’éducation publique mais pourquoi ? Parce que, il nous dit qu’il est important de construire une nouvelle société dans ce moment de crise démocratique.

Ce que nous pouvons constater à partir de ces 3 niveaux (chercheurs, conservateurs, professeurs académiques) c’est que le plus important est de savoir utiliser les technologies et faire rencontrer les sciences pour avoir un impact sur les jeunes pour qu’ils comprennent ce monde complexe.

Intervention de Enrique Riveira, Bienal de Artes Mediales, Chili(vidéo)

Bonjour, je m’appelle Enrique Riveira, je travaille à la Bienal de Artes Mediales (Santiago de Chili), un événement culturel organisé par une entreprise chilienne du secteur de l’art vidéo.

Depuis 1993, nous organisons, jusqu’à aujourd’hui, la seule biennale d’art du Chili.

Et cela grâce à la force de l’art vidéo et de la relation arts sciences et technologies.

Notre contexte culturel ici au Chili, comme vous le savez peut-être est d’une certaine manière isolé du reste du monde.

A cause de notre situation géographique, nous sommes séparés de l’Amérique du Sud par la Cordillère des Andes et le désert d’Atacama, l’Océan Pacifique et l’Antarctique, dans le sud.

Donc nous sommes toujours dans une sorte d’isolement en train de nous ré-inventer et en développant des notions telles que « Do it yourself » ou « Do it with others » et c’est tout naturel.

Ainsi, l’art et la science sont deux disciplines qui entrent en collision pour maintenir une certaine autonomie, et la recherche et le développement de nouvelles possibilités d’interactions.

Donc, en ce qui concerne nos enjeux et notre contexte au niveau institutionnel il est basé sur la construction de politiques culturelles qui émergent de notre expérience et l’expérience de la collectivité en empiétant sur les prérogatives du Ministère de la Culture ou de la Commission sciences et technologies, ici au Chili.

Et que ça marche au nom de la force de cet effort. La nature de nos activités, pour être plus concret, est basée sur la recherche. Nous sélectionnons par exemple un sujet, l’année dernière le sujet était le développement d’une relation entre l’art, l’humain et les catastrophes naturelles ; et d’identifier les conditions d’émergences esthétiques liées.

D’une certaine manière, comme je l’ai déjà évoqué, notre écosystème est basé sur le développement d’une autonomie, d’actions autonomes qui nous aident à créer une structure qui ne se maintient pas par le biais de subventions de l’Etat ou du secteur privé mais par le biais de la volonté des personnes qui travaillent sur ces sujets.

C’est sûr que cela développe notre situation de précarité par exemple, nous n’avons pas d’espaces adéquats pour chercher et pour produire les œuvres.

C’est pourquoi, généralement, les oeuvres développées par les artistes dans ce contexte, sont très (au sens théorique et esthétique du terme) « puissante » mais pas si puissante en terme d’usages de hardware ou software.

Pour cela nous sommes soutenus par exemple par la communauté de Hacktivistes qui nous aident à développer les projets.

Donc de façon générale, ce qui pourrait être intéressant pour vous à savoir concernant le Chili c’est que c’est une question de collectivité, que l’on se base sur la notion de durabilité autonome, qu’il y a une société civile forte avec des gens qui s’entraident pour développer des projets et que nous construisons les notions de nos possibles politiques culturelles sur la question arts sciences

dans notre contexte. Et c’est pour cette raison que pour nous, le développement de réseaux internationaux, dans l’idée de dépasser votre expérience et nous notre expérience dans un espace commun, est assez important pour renforcer les possibilités d’interactions dans ce pays très isolé.